«L’Art du plasticien est jeu avec le rêve». F.Nietzsche
De façon générale, la folie sonde l’âme humaine, la bêtise est partie de l’existence humaine et les mythes, par leur laideur et leur impureté, offrent une idée de la vie et du divin. Mon travail s’articule autour de l’idée de parodie, avec une jouissance non cachée pour la transgression des codes. Il s’agit pour moi de créer une mythologie contemporaine, à travers des personnages, des formes, des narrations qui conduisent à un univers onirique et absurde, fait de colères, de labeur et de plaisir.

Les Mythes selon Marie-Gabrielle Fabre

Le travail de Marie-Gabrielle Fabre pourrait sans doute s'appréhender d’autant de façons qu’elle a de pratiques (peinture, vidéo, installation, sculpture, son...) mais ce serait paradoxalement enlever à chacune d’entre elles ce qu’elle a de singulier. En effet, il s’agit moins pour elle de tenter de faire le tour de ces disciplines que de trouver chaque fois un terrain d'expérimentations des mythes qui nous gouvernent. Ainsi présenté, ce travail peut paraitre démesurément ambitieux, ou risque de passer pour pédant. Il n’en est rien car ce qui se joue, que j’apparenterai, pour dire vite, à l’entreprise menée dans les « Mythologies » par Barthes, est chaque fois investi sur un mode autodérisoire : le religieux côtoie la publicité via des broderies de grand-mère, le rite processionnel ressemble à une halte de scouts (bouts de bois et bouts de ficelle), le Golem à un troll inachevé de char de carnaval, le drame bourgeois revêt les habits les plus kitsch des films de la Hammer, le conte de fée tient du clip de recette de cuisine, etc... Bref, le signifiant se télescope avec le signifié, laissant les «étiqueteurs» désemparés. On notera néanmoins que ce mode auto dérisoire n’en est pas moins nécessairement sérieux dans l’approche technique et ce sont bien des réussites plastiques qui se trouvent problématisées par Marie-Gabrielle Fabre.

Arnaud Labelle-Rojoux